Partager l'article ! Le grand entretien avec DLC et TB: La boue dans les oreilles sera visible en ligne à partir du 20 octobre prochain, c'est désormais une cer ...
La boue dans les oreilles sera visible en ligne à partir du 20 octobre
prochain, c'est désormais une certitude. A 11 jours du lancement de ce premier gros film de l'association Les Chevaliers du Lustre, il convenait d'aller à la rencontre des deux réalisateurs du
film, Dominique le Coutour et Thomas Bonenfant. L'entretien s'est avéré passionnant. Ils révèlent en détails toute la genèse de ce projet qui aura mis trois ans à voir le jour
!
Comment est né le projet La Boue dans les Oreilles ?
Dominique : Après Invaders, notre troisième moyen-métrage, on cherchait avec Thomas une idée pour un court-métrage, format que l’on avait jamais exploré ensemble.
Conscients qu’il y avait énormément de défauts sur nos précédents films, on voulait écrire un scénario absolument infaillible sur la structure, l’histoire, les rebondissements, les intentions des personnages, les quiproquos… On voulait clairement écrire un film bien ficelé, d’où l’idée du quasi huis-clos en forêt.
Thomas : L’idée de départ était une scène qui existe déjà dans Les Affranchis de Scorsese : deux gangsters partent enterrer un cadavre dans la forêt. Ils entendent des coups dans le coffre car celui-ci n’est pas mort. Que se passe t-il ensuite ?
Si l’on considère que le film de genre est un thème, nous reprenons dans La Boue dans les Oreilles un thème connu pour en proposer une variation, d’histoire, de ton, de personnages. Voilà notre principale préoccupation avec ce projet.
Comment se passe le travail entre vous deux, car vous avez écrit, réalisé et monté le film à quatre mains ?
Dominique : En général, je propose un bout de scène, une image, un type de personnage sur lequel Thomas vient y greffer ses
idées, ses changements, ses nouvelles idées. Notre travail est parfaitement complice : sur une idée, on discute jusqu’à ce qu’on trouve la meilleure idée qui
fera le meilleur film possible. Ensuite, à partir de
toute ces remarques, j’écris une première version qu’on retravaille ensemble jusqu’à ce qu’on soit satisfaits du résultat. Entre nous, il n’y a jamais de désaccord, juste une intense discussion,
beaucoup de rigolades, énormément de plaisir à discuter, argumenter autour d’une idée qui nous hante et qu’on reporte par écrit pour lui donner vie.
Thomas : Sur le tournage, on se partage les tâches, moi plutôt sur la mise en scène, Dominique sur la mise en place technique. Là encore, nous sommes complémentaires et pouvons nous reposer sur l’autre en cas de fatigue ou de rupture d’idée. Pour le montage, tout se fait à deux, la décision finale nous appartenant de toute façon, nous n’avons jamais rencontré de moments où nous avons fait de compromis : on a toujours été d’accord sur le but à atteindre.
Comment s’est passé le casting ? Y’a-t-il eu des hésitations ?
Thomas : Le choix des acteurs a été déterminant dans la création du film, puisque les rôles principaux ont été littéralement écrits sur-mesure pour des acteurs (amateurs) que nous connaissions déjà ; soit pour avoir déjà travaillé avec eux, pour les avoir vus dans d'autres films, ou simplement pour transposer leur « gueule » ou leur tempérament à l'écran. Pour des raisons de disponibilité, réunir notre dream-team n'a pas été simple, mais même si cela nous a obligé à rogner sur la durée du tournage, nous ne l'avons pas regretté parce que les meilleures répliques, même très proches du scénario, ont été des moments d'impro jouissifs.
Dominique : Et puis c'est, en ce qui nous concerne, la première fois qu'on faisait un casting. Pour le rôle de La Bête, le méchant du film, notre responsable du casting a été chercher un comédien qui nous a plu après ses essais. Il s'est avéré très pro et très inquiétant à l'image, les spectateurs jugeront...
Ce n’est pas le premier film que vous faites, comment avez-vous ressenti le tournage
par rapport aux précédents ?
Thomas : Plutôt trépidant, avec des alternances de plans à tourner très vite et de matériel à protéger de la pluie. Je crois que sans l'équipe régie, costumes, effets spéciaux, on aurait eu du mal à boucler ce tournage. Sans oublier la patience de nos acteurs...
Dominique : La Haute Definition a changé beaucoup de choses pour nous. Pouvoir tourner à moindre coût avec une qualité d'image HD est une vraie révolution. Les décors que nous avons minutieusement sélectionnés sont sublimés.
Combien de temps a duré l’écriture ?
L’écriture a connu deux phases : une première en 2005 où nous avons mis sur papier toute la structure, les personnages, la succession d’événements. Puis on a laissé de côté le film pendant 2 ans, le temps de faire Invaders. En octobre 2007, nous nous y sommes remis, nous avons changé quelques actions et enlevé bon nombre de scènes qui ne fonctionnaient pas. On a tourné en mars 2008.
Pourquoi ce titre ?
Dominique : Au début le projet s’appelait Deadline mais on a décidé depuis quelques temps d’arrêter de donner à nos films
des noms anglais. C’est tentant car ça fait plus cinéma, plus « Hollywood ». Sauf que depuis peu, on revendique un côté français qu’on assume de plus en plus. Sûrement le côté France
profonde, bouffe sur le capot et engueulades à la bonne
franquette.
Thomas : Ce titre vaut comme avertissement pour les oreilles chastes, que l'usage des mots « putain », « chier », « merde » rebute. Plus sérieusement, la sensation physique qui se dégage de cette image nous a paru frappante.
Le tournage s’est terminé il y a plusieurs mois, pourquoi le montage dure-t-il depuis si longtemps ?
Thomas : Parce que le frigo est très loin de l'ordinateur, et que nous considérons qu'un bon montage exige de se repasser les rushes en boucle et sans fin jusqu'à ce que ça devienne une souffrance. Histoire de « purger les affects ».
Dominique : Pour la première fois, on a été au bout des possibilités narratives. Le film que vous verrez est le plus proche de ce que nous voulions. Nous avons en plus accordé plus d'importance à la musique, qui est originale pour la première fois dans un de nos films.
Quelle place occupe ce film dans le développement de l’association ?
C’est un gros projet pour les Chevaliers du Lustre dans la mesure où pas mal d’adhérents ont bossé dessus. On espère aussi qu’il donnera envie aux gens de faire des projets ambitieux, personnels et qui requiert une organisation conséquente. L'association est toujours prête à soutenir de nouveaux projets, du clip municipal à la superproduction régionale !
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