- Une semaine après se mise en ligne, Saveur Gitane totalise déjà plus de 1200 visionnages sur Dailymotion. Un beau succès. Ca t’a surpris ?
NM : C'est vrai que je suis un peu surpris. L'objectif était 1000 en 7 jours, on l'a fait en 5 jours. Le score est d'autant plus intéressant que la durée de 20 minutes pourrait rebuter beaucoup
de monde. Les clips musicaux ou les films de moins de 5 minutes sont plus adaptés pour le net. Bon faut dire que les réseaux d'amis ont joué plein pots sur facebook. On verra à la fin du mois si
les visionnages continuent comme ça ; cela signifiera que la bouche-a-oreille fonctionne. Toutes vidéos confondues (Youtube et Dailymotion), les vidéos GreenWay ont fait plus de 30 000
visionnages. La plus grosse vidéo n'a fait "que" 6000 visites, mais cela sous-entend que notre groupe a ses fidèles !
- Quel bilan tires-tu de l’avant-première à la MJC du Chemin Vert, le 5 septembre dernier ?
NM : Au-delà du film, l'idée était de montrer "l'esprit GreenWay", C'est-à-dire un groupe qui ne se prend pas au sérieux, qui aime la déconne, qui s'approprie des références cinématographique et
humoristiques sans pour autant faire du réchauffé. On a créé une ambiance champêtre et fait venir le collectif de rappeurs Ace Prod. Pour moi le pari est gagné dans le sens où on a fait venir
plein de monde du Chemin Vert et du centre ville. Je pense que ces petits événements permettent à tous les publics de découvrir de véritables talents venants des quartiers.
- Pour la MJC du Chemin Vert, Saveur Gitane est un projet au budget important. Quels sont les enjeux et les retombées d’un tel court-métrage ?
NM : En réalité ce film, n'a pas coûté si cher que ça. Les coûts sont essentiellement dus aux salaires des animateurs et à la com' autour du film. Proportionnellement au budget jeunesse de la MJC
du chemin Vert ce film est un "cheap movie". Pour ma part, l'enjeu est de faire émerger les envies artistiques d'un groupe de jeunes du quartier du Chemin Vert. Je pense qu'il faut encourager des
jeunes de banlieues à s'exprimer par le biais du 7ème art. Pour les retombées, on ne se fixe pas d'objectifs particuliers. L'objectif premier est de prendre du plaisir, ensuite c'est de faire
partager notre plaisir à un large public, s'il est réceptif, évidemment ! Et enfin, une reconnaissance institutionnelle du boulot qui peut être fait dans les quartiers.
- Tu es crédité au poste de « Producteur » sur ce film. Peux-tu expliquer aux internautes en quoi a précisément consisté ta fonction ?
NM : En langage cinématographique, je suis producteur. Mais de par ma fonction - responsable secteur jeunesse à la MJC du Chemin vert à Caen- on devrait plutôt dire coordinateur du projet "saveur
gitane". Ce film est donc fait dans un cadre associatif. Mon rôle consiste -à partir du budget attribué- à donner vie au film imaginé par les jeunes : recrutement du réalisateur, le lien entre
les différents acteurs du projet ,les jeunes de Green Way, le réal., la production musicale, les contacts pour trouver les lieux de tournages. En fait tout le monde a une vision parcellaire du
projet et mon rôle est de faire le lien entre tous ces gens. Je dois également organiser le planning de tournage et les échéances fixées de l'écriture du film à l'avant première. Mon boulot est
aussi de faire vivre le film en le balançant sur des festivals et dans tous les lieux où il peut être vu.
- Qu’est-ce qui a été le plus difficile à gérer ?
NM : Le plus dire à gérer a été la préparation du tournage et trouver des lieux ressemblant à ceux écrits dans le scénario. Donc pas grand chose de compliqué. On commence à avoir l'habitude de
faire des films avec des bouts de ficelles, mais c'est avec passion et des bouts de ficelles que Geppetto a donné vie à Pinocchio
- Sans langue de bois, quels ont été tes rapports avec Dominique Le Coutour ?
NM : La direction des acteurs très autoritaire m'a parfois troublé, on aurait dit Mocky ! Non, je plaisante, à Noël, je vais lui offrir un mégaphone ! Plus sérieusement, son aide dans la
structure du scénario, sa façon de filmer (ainsi que celle de Côme), et sa façon de monter m'ont impressionné. On sent que c'est le plus cinéphile de tous. En même temps, les gars de GreenWay et
moi on ne connaît que les films de Stallone et de Chuck Norris !
- As-tu des regrets par rapport au rendu final du film ?
NM : Pour être honnête (et encore), c'est la fin du film. Je pense qu'on aurait pu se creuser la tête un peu plus. Mais en même temps moi je l'aime bien cette fin.
- De quel avenir rêves-tu pour Saveur Gitane ?
NM : Mon rêve serait qu'il gagne un prix dans un festival national. Objectivement, je pense que ce film est peut-être un peu juste pour ça, mais tu m'as demandé un rêve... Autrement, j'aimerais
bien que 2, 3 acteurs du film se fasse repérer pour tourner dans un film de studio, parce que là y'a des vrais tronches !
- Vas-tu continuer à produire des films GREENWAY ? Envisages-tu de passer à la réalisation ?
NM : Disons plutôt que la MJC du Chemin Vert, grâce aux subventions publiques, continuera à produire des films GreenWay ; tant qu'il y aura des idées et de la motivation de la part de notre chère
jeunesse, je suis partant. Quant à moi, j'ai un projet de court-métrage avec Aurélien Dauge, le co-fondateur de Green Way ; On se donne au moins 2 ans pour qu'il voit le jour. J'aimerai vraiment
que se film ressemble à quelque chose, c'est à dire à un film de cinéphile, mais tourné vers le grand public.
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